2016-06-11

Time 6Evenements Passés :JUIN 2016 

fondroy300Souffrance psychique intolérable et euthanasie


Time 3Samedi 11 juin 2016

Places-39Faculté de Psychologie de l'ULB - Campus Solbosch
Salle Dupréel: 1° étage du batiment S

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- 9h : Accueil et mot du président de la SRMMB : Prof Charles Kornreich

Modératrice : Jacqueline Herremans. Juriste.
Présidente de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité.
Membre de la Commission Fédérale de Contrôle et d'Evaluation de l'Euthanasie

- 9h15-10H : Dr Rodolphe Van Wijnendaele (Psychiatre Clinique Sainte-Anne Saint-Rémi CHIREC) : L’euthanasie et le suicide: entre l’éthique médicale et l’interrogation philosophique

- 10h-10h45 : Dr Dominique Lossignol (Chef de Service Soins palliatifs Institut Bordet) : Empathie ou pitié dangereuse?

- 10h45-11h15 : pause café

Modérateur : Benoît Van der Meerschen,

Secrétaire général adjoint du Centre d’Action laïque (ancien président de la Ligue des Droits de l’Homme)

- 11H15-12h : Prof Darius Razavi (Institut Jules Bordet. Université Libre de Bruxelles) : La psychiatrie à l'épreuve de la clinique de l'euthanasie: réalités et défis

- 12h-12h45 : Dr Benoit Gillain-Dr Christophe Geus : Clinique Saint-Pierre à Ottignies : Le psychiatre et l’euthanasie

- 12h45 : Conclusions et walking dinner


Arguments des conférences:

Résumé exposé Dr Van Wijnendaele :

Le but de cet exposé est de proposer une réflexion historique sur la question du suicide. Cette réflexion permettra de dégager la manière dont notre société traite cette question complexe, de manière tout à fait originale, en la considérant comme un fait médical, et particulièrement psychiatrique. La manière dont la question de l’euthanasie fait irruption dans le champ psychiatrique souligne les apories soulevées par cette médicalisation d’un problème qui était auparavant sujet de réflexion philosophique et religieuse plus que médicale.

Un ensemble de lois sera abordé, entre autres les lois sur la protection de la personne des malades mentaux, sur l’euthanasie et sur la non-assistance à personne en danger. Le diagnostic psychiatrique se trouve au coeur de ces différentes lois, et pose de ce fait un problème éthique complexe et épineux. Les contradictions soulevées par ces différentes lois seront abordées.

La réflexion médicale se révèle insuffisante pour résoudre ces problèmes, qui débordent largement de sa zone de compétence. Il existe de ce fait une nécessité d’une réflexion sociale large autour de la question de la mort et du sens de la vie.

Résumé exposé Dr Lossignol :

La souffrance est, mais ne mérite pas d’être : elle est à rebours de la vie. Elle peut marquer la limite du donner-recevoir de la part du soignant. Faut-il aller jusqu’à la désespérance de l’autre et pire encore la contempler ? C’est cette « souffrance inapaisable » qui peut aussi être reconnue et considérée comme la voie sans issue qui ne disparaîtra qu’avec la disparition de la personne. Empathie et compassion sont reconnues comme des vertus, des valeurs respectables ce qui fait qu’elles ne sont pas exclusivement liées à la pratique médicale. C’est aussi pour cela que la reconnaissance de la souffrance d’autrui ne sera pas systématique et qu’elle peut même être ignorée, consciemment ou non. A l’opposé, il existe un risque de considérer la souffrance d’autrui comme ayant un impact majeur sur soi-même ce qui dénature les rapports interpersonnels et rend la pratique dénuée de toute objectivité. On parlera de « pitié dangereuse » si l’empathie, ou la compassion, submerge le praticien, lui faisant perdre son objectivité, mais on pourra aussi invoquer la défense inconsciente des soignants, dès que ceux-ci restent sourds et aveugles face aux plaintes des malades, à leur souffrance incommensurable.

Résumé exposé Prof Razavi :

La discussion des aspects psychologiques et psychiatriques de l’euthanasie souffre d’une insuffisance de casuistique et de recherche  à ce niveau. Ceci traduit le malaise des psychiatres par rapport à cette pratique. Les cas les plus connus et, sans doute, les mieux documentés concernent très souvent des personnages publics. La présentation, illustrée par des vignettes cliniques, se focalisera sur les concepts psychologiques et psychiatriques utiles à considérer pour une bonne compréhension d'une demande d'euthanasie. Le rôle possible des psychiatres dans ce contexte sera présenté.

Résumé exposé Drs Gillain et Gheus :

Régulièrement l'avis d'un psychiatre est sollicité : la demande d'euthanasie est-elle, ou pas , modulée par un état psychopathologique ? Ce dernier est il traitable ?

La mort fait partie intégrante du travail en psychiatrie. C'est aux psychiatres qu'on demande d'intervenir auprès des survivants de suicide. Beaucoup de nos patients parlent de leur mort, du non sens de leur vie, de vouloir en finir avec une souffrance qui les accable. Des familles partagent l'insoutenable de la maladie mentale d'un proche. Des soignants sont confrontés à l'impuissance et aux fantasmes de mort à l'égard des patients.

L’exposé brossera le rôle du psychiatre aux côtés de nos collègues somaticiens confrontés aux demandes d'euthanasie et qui demandent "un second avis". Les "maladies" psychiatriques seront discutées ainsi que la notion « d’affections graves et incurables » dans ce contexte. 

 


 

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